éclats
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2016
couverture pour spectacle jeune public





expérimentation 


JEAN-CHRISTOPHE AGUAS, EXPOSITION DES GRAPHISTES AQUITAINS, ARC-EN-RÊVE 1998

"Le graphisme est pris dans la contingence d'une série de dilemmes : objectivité/subjectivité, public/privé, clarté/ambiguïté, texte/image, fidélité/infidélité, lisibilité/visibilité, etc. Mais loin de s'opposer deux à deux, chacun de ces termes produit la difficulté de l'autre. Leur conjonction génère la difficulté de faire sens. De fait, l'évidence du graphisme n'est pas un événement facile à produire. Il est même l'expression d'une complication. Les choses n'arrivent à faire sens qu'à travers leurs niveaux d'implication, par l'intermédiaire de leur imbrication. Les contraires s'appellent et se retiennent mutuellement pour produire la résolution dynamique de leur enchâssement réciproque.

Or plus que tout autre graphiste réuni dans cette exposition, Eric Chabrely aborde le graphisme par son versant difficultueux, fait de cette difficulté la recherche principale de sa production. Certes, si une telle démarche inclut le risque de ne pas faire coïncider le résultat à la hauteur de ses ambitions, de ne pas y répondre de manière juste et ajustée, elle revendique toujours la même exigence : saisir la matière graphique par sa réactivité, mesurer l'efficacité de ses réactions aux contraintes qui s'exercent dessus, et ce à seule fin d'inaugurer des solutions inédites, d'expérimenter des possibles. Ainsi tout en polarisant son regard sur les difficultés du graphisme, il en explore les bords, les friches et les marges. Préférant la complication à la simplicité, il divise tout par deux dans l'espoir de recevoir en retour l'objet graphique doublement, au gré d'un processus stéréoscopique (logo de la ville de Bordeaux). De même, la surface d'une affiche ne pourra se séparer de sa nature bifide. Partagée entre son recto et son verso, elle combine les impressions pour se lire dans l'alternance de ses jours et ses nuits (affiche de l'IDDAC 96/97). L'expérimentation se double de sa rémunération poétique."